Saint-Moïse


Texte écrit par l'Abbé Jos. D. Michaud en 1922


       Elle est sise sur le sommet des montagnes qui séparent les eaux qui coulent vers le St-Laurent, de celles qui descendent vers la Baie des Chaleurs.

       Voici, la plus vielle paroisse de l'intérieur de la Vallée. Quelques colons s'y trouvaient déjà en 1870. En 1873, les habitants étaient devenus assez considérable pour engager Mgr. Jean Langevin à y ériger une paroisse canonique. Avouons cependant que le mouvement de la colonisation y a été assez lent. Ce n'est pas que le sol de ce canton soit mauvais, mais c'est plutôt qu'on y a fait le commerce du bois au détriment de a culture de la terre. Quoi qu'il en soit, St-Moïse a aujourd'hui en 1922, une population de 1743 âmes, avec un village assez considérable à la gare du chemin de fer. En ces dernières années, il s'est construit ici une très belle église en pierre, beau temple de style Renaissance, qui passe à bon droit pour une des plus belles de la région.

Source: Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Cette municipalité de paroisse de la vallée de la Matapédia a été bâtie sur les hauteurs qui séparent le versant du Saint-Laurent de celui de la baie des Chaleurs, à 40 km au nord-ouest d'Amqui, entre Saint-Noël, au nord, et La Rédemption, au sud. Enclos en partie dans les cantons de MacNider, de Cabot et d'Awantjish, ce territoire est émaillé de plans d'eau dont les lacs à Ti-Blasse, à Pierre, du Quinzième Mille et le Grand Étang. L'année 1873 marque l'envol véritable de la colonisation de l'endroit avec l'érection canonique de l'une des plus anciennes paroisses de la vallée de la Matapédia, fondée en 1870. La dénomination retenue, également attribuée au bureau de poste (1873) et à la municipalité de paroisse (1877), rappelle le souvenir de l'abbé Moïse Duguay (1820-1870), archiprêtre du diocèse de Rimouski (1869-1870) et premier curé de Sainte-Flavie (1850-1870), lieu d'origine de bon nombre des pionniers. Cette appellation évoque également le grand prophète Moïse, fondateur de la religion d'Israël, qui a vécu au XIIIe siècle avant Jésus-Christ. C'est à lui que Dieu remet les Douze Tables de la Loi. Ce personnage biblique a inspiré nombre d'artistes et d'écrivains. Concentrées autour de l'exploitation forestière anciennement, les activités des Moïsiens concernent maintenant davantage l'agriculture et l'élevage des animaux. La chasse et la pêche complètent de manière significative le portrait de l'économie locale.