Albertville


Texte écrit par l'Abbé Jos. D. Michaud en 1922


       En arrière de Causapscal, dans les cantons Matalik et Causapscal, vient d'être érigée la paroisse de St-Raphaël d'Albertville, une des fondations du Cercle de Colonisation de Notre-Dame du Chemin, de Québec, qui a fait de si bon travail dans la Vallée de la Matapédia. Il y a aujourd'hui 1922, à Albertville, une population de 657 âmes, avec un curé résidant. La John Fenderson Lumber Co. y a un établissement assez considérable.



Située dans la partie sud de la MRC de La Matapédia, cette municipalité a été établie à une quinzaine de kilomètres d'Amqui, au sud-est de Saint-Léon-le-Grand. Son territoire, l'un des plus élevés de la vallée de la Matapédia, est compris en partie dans les cantons de Humqui et de Matalik. Il compte quelques plans d'eau comme les lacs Casgrain, Matalik ainsi que des cours d'eau comme la rivière Matalik. D'ailleurs l'endroit a été désigné Le Matalik, nom du canton, entre 1896 et 1913. Peuplé lentement, trois familles en 1899, neuf autres en 1910, il a bénéficié de l'apport de vingt familles beauceronnes et bellechassoises, envoyées par le Cercle de colonisation de Notre-Dame-du-Chemin de Québec. La mission instaurée en 1912 allait être érigée canoniquement et civilement en 1920 comme paroisse de Saint-Raphaël-d'Albertville. Ce nom sera repris en 1930 à l'occasion de la création de la municipalité de paroisse, détachée de Saint-Edmond-du-Lac-au-Saumon. Les lieux ont alors été mis sous le patronage de l'archange Raphaël dont le nom signifie « Dieu nous guérit ». Associé à Gabriel et à Michel, archanges, ce dernier guérira Tobie l'Ancien de sa cécité. On l'invoque comme protecteur des voyageurs. En 1997, la municipalité changea son nom officiel pour Albertville, la forme courante généralement utilisée par la population locale, désignant également le bureau de poste depuis 1913. Ce nom rappelle monseigneur André-Albert Blais (1842-1919), deuxième évêque de Rimouski (1891-1919). Sous sa gouverne, le nombre de paroisses et de missions peuplées de catholiques a doublé dans le diocèse. Les Albertvillois se sont très peu adonnés à la culture de la terre, préférant oeuvrer dans le domaine de la coupe du bois. De nos jours, l'exploitation forestière et l'agriculture constituent les deux grandes richesses du milieu.